Les ânes en culotte de l’île de Ré : histoire, race et où les voir
Les ânes portaient des culottes pour protéger leur dos pendant le travail.
- Tradition née en 1860 à Ars-en-Ré.
- Première culotte taillée dans la chemise d’un mari.
- Les ânes transportaient le varech, le sel et les produits agricoles.
- Race emblématique : le Baudet du Poitou, élevé dès 1985 par André Léau.
- Aujourd’hui, les ânes culottés ont quasi disparu des espaces publics.
- Le lait d’ânesse alimente la savonnerie artisanale de Loix.
L’histoire et l’origine des ânes en culotte de l’île de Ré
La naissance de la tradition en 1860
La tradition des ânes en culotte remonte à 1860, à Ars-en-Ré. À cette époque, les ânes servaient quotidiennement aux Rétais pour transporter le varech, le sel et les produits agricoles.
Selon la légende locale, la première culotte aurait été taillée dans la chemise d’un mari par une femme d’Ars-en-Ré, afin de protéger sa bête. Ce vêtement improvisé est devenu l’emblème de l’île.
Au fil des décennies, cette pratique s’est ancrée dans les écoles et les villages. Des culottes dessinées par des enfants ont même habillé certains ânes lors d’animations scolaires, notamment au Bois-Plage.
Une autre histoire circule, celle de l’âne qui tangue. Cette légende, souvent reprise par les visiteurs, ne repose toutefois sur aucun fondement historique vérifiable. Elle relève du folklore local.
Aujourd’hui, les ânes culottés ont quasi disparu des espaces publics. La tradition perdure surtout comme image emblématique de l’île, entre souvenirs et animations ponctuelles.
Du varech au Baudet du Poitou : 1985 et André Léau
Le renouveau de la race sur l’île doit beaucoup à André Léau, qui lance son élevage d’ânes en 1985. Il choisit le Baudet du Poitou, reconnaissable à sa robe épaisse et laineuse, présent en France depuis le Xe siècle.
Ce sont les qualités rustiques de l’animal qui ont séduit l’éleveur. Robuste, endurant et adapté aux marais, le Baudet s’est imposé comme la figure animale de l’île de Ré.
Le savon au lait d’ânesse, spécialité rétaise

L’élevage des ânes sur l’île de Ré ne sert pas uniquement à perpétuer une tradition folklorique. Il alimente aussi une filière artisanale bien vivante : la fabrication de savon au lait d’ânesse, devenue l’une des spécialités les plus recherchées par les visiteurs.
Un ingrédient aux bienfaits reconnus
Le lait d’ânesse est naturellement riche en oligo-éléments, en vitamines et en acides gras. Ces composants nourrissent la peau, apaisent les irritations et conviennent même aux épidermes les plus sensibles. La référence historique à Cléopâtre, qui aurait entretenu la beauté de sa peau grâce à des bains de lait d’ânesse, revient souvent pour illustrer ces vertus.
Une production 100 % rétaise
Le circuit est court et local. L’élevage de Régis Léau, fils d’André Léau, fournit le lait nécessaire à la transformation. La savonnerie artisanale de Loix, cliente fidèle, s’approvisionne auprès de cet élevage depuis plus de 10 ans. Chaque savon est donc fabriqué sur l’île, à partir d’un lait produit sur l’île, sans intermédiaire industriel.
- Lait riche en oligo-éléments : nourrit et apaise les peaux sensibles
- Production artisanale rétaise : savons fabriqués localement
- Élevage Régis Léau fournisseur : lait frais d’origine contrôlée
- Savonnerie de Loix cliente : approvisionnée depuis plus de 10 ans
- Référence historique Cléopâtre : symbole ancien des vertus du lait d’ânesse
Ce savon est aujourd’hui l’un des souvenirs emblématiques de l’île de Ré. On le trouve dans les boutiques artisanales et les marchés, aux côtés des peluches et autres produits dérivés de l’âne. Il incarne à lui seul le lien entre l’animal, le terroir et le savoir-faire rétais.
À découvrir aussi
Le savon au lait d’ânesse trouve un prolongement naturel à Loix, où une savonnerie artisanale ouvre son atelier de fabrication aux visiteurs, avec des cosmétiques au lait d’ânesse bio. Autre facette du patrimoine insulaire, la maison-phare de Trousse-Chemise veille sur le Fier d’Ars et se visite en saison estivale. Et pour une pause gourmande face au port, le Bistrot du Marin mise sur une cuisine de brasserie appréciée pour sa terrasse.
Où rencontrer les ânes en culotte aujourd’hui
Les ânes en culotte font aujourd’hui partie du décor des fortifications de Saint-Martin-de-Ré. C’est le long des remparts Vauban, sur le glacis et dans les prés situés au pied des fortifications, que l’on croise le plus souvent ces animaux. Une promenade à pied ou à vélo autour de Saint-Martin offre les meilleures chances de les apercevoir.
Les fameuses culottes ne sont toutefois plus portées dans les espaces publics. Le spectacle des ânes habillés appartient désormais à des animations ponctuelles, souvent organisées pour les enfants. Pour voir des Baudets du Poitou, il faut se rendre directement dans les élevages de l’île, notamment ceux issus de l’élevage familial de Régis Léau.
Certains troupeaux comptent une vingtaine d’ânes communs aux côtés d’une dizaine de Baudets du Poitou. La sortie familiale la plus simple reste le tour des remparts de Saint-Martin, où l’observation se fait librement, le long des fossés et des prés.
Les balades à dos d’âne sur l’île de Ré
| Lieu de départ | Tarif par balade | Durée de la promenade | Public accueilli |
|---|---|---|---|
| Parc de la Barbette | 3 € | Une dizaine de minutes | Enfants et adultes |
Le parc de la Barbette, situé près du port de Saint-Martin-de-Ré, reste le point de rendez-vous privilégié pour offrir une première expérience équestre aux tout-petits. Pour 3 € seulement, la promenade dure une dizaine de minutes, un format idéal pour les enfants qui découvrent le contact avec l’animal.
Cette activité s’intègre parfaitement dans une journée de vacances en camping sur l’île de Ré. Elle séduit autant les familles que les adultes curieux de tester une balade insolite au rythme paisible de l’âne.
Une activité familiale et accessible
Les balades à dos d’âne séduisent par leur simplicité. Pas besoin de réserver des semaines à l’avance ni de prévoir un équipement particulier : l’animal est docile, habitué au contact du public, et la proximité du port de Saint-Martin-de-Ré permet de combiner la promenade avec une visite des remparts.
Le tarif reste volontairement modeste, ce qui rend l’expérience accessible à toutes les familles. C’est aussi une manière ludique de sensibiliser les enfants au Baudet du Poitou et à la conservation de cette race emblématique.
Ce qu’il faut savoir avant de venir
Prévoyez une tenue adaptée et gardez à l’esprit que la balade se déroule à un rythme lent, sans recherche de performance. Les enfants restent sous la surveillance d’un adulte tout au long du parcours.
Pour profiter pleinement de l’expérience, mieux vaut choisir un créneau en dehors des heures les plus chaudes de la journée. La balade reste courte, ce qui convient parfaitement aux plus jeunes et aux premières découvertes.
Pourquoi la culotte : protection moustiques et blessures
La culotte portée par les ânes de l’île de Ré n’a rien d’un déguisement folklorique. À l’origine, il s’agit d’un équipement de travail, pensé par les habitants pour protéger leurs animaux dans un environnement particulier : celui des marais salants, des prés humides et des chemins bordés de végétation dense qui caractérisent l’île.
Une protection contre les moustiques
L’île de Ré abrite de nombreuses zones marécageuses, notamment autour des marais salants et des anciens marais. Ces milieux humides sont propices à la prolifération des moustiques, particulièrement actifs au printemps et en été. Les parties les plus vulnérables de l’âne, le ventre, les flancs et l’intérieur des pattes, sont directement exposées aux piqûres.
En recouvrant ces zones sensibles d’un tissu, la culotte constitue une barrière physique simple et efficace contre les insectes. C’est probablement la raison première de son adoption par les âniers de l’île.
Des blessures et frottements évités
Le second rôle de la culotte est mécanique. En circulant dans les chemins étroits et la végétation dense, les ânes s’exposent aux ronces, aux branches basses et aux herbes coupantes. Le tissu forme une protection directe contre ces agressions.
Les frottements liés aux harnais et aux charges, notamment sur les terrains accidentés de l’île, sont également limités par cette couche textile. Enfin, la culotte s’est imposée comme un véritable emblème de l’île de Ré, au point de devenir indissociable de l’image des ânes rétais.
Une race sauvée de la disparition
Le Baudet du Poitou a bien failli disparaître. La mécanisation agricole et la chute de la demande de mules ont fait fondre les effectifs au fil du XXe siècle. Au point qu’en 1977, seuls 44 individus étaient recensés dans le monde entier.
La mobilisation d’éleveurs passionnés et un programme de sauvegarde ont permis d’inverser la tendance. Aujourd’hui, la race est préservée et compte de nouveau des représentants, notamment sur l’île de Ré.
Le troupeau local illustre ce renouveau : il réunit une vingtaine d’ânes communs et une dizaine de Baudets du Poitou. Un équilibre maintenu grâce à un élevage conduit pendant près de 30 ans.
