Ile de Ré âne : pourquoi les ânes portent des culottes et où les voir
Les ânes en culotte de l’île de Ré se voient encore à Saint-Martin-de-Ré, près des fortifications Vauban.
- Troupeau paissant sur les glacis des remparts Vauban, classés UNESCO.
- Environ 20 ânes communs et 10 Baudets du Poitou.
- Élevage familial installé depuis plus de 30 ans.
- Observation à pied ou à vélo, sans nourrir ni franchir les clôtures.
- Asinerie ouverte du mardi au samedi, de 15h à 17h.
- Fermeture exceptionnelle en cours jusqu’au 6 octobre.
Où rencontrer les ânes en culotte sur l’île de Ré aujourd’hui
Contrairement à ce que beaucoup de visiteurs imaginent, les ânes en culotte ne se croisent plus librement dans les ruelles de l’île. Il reste toutefois un endroit précis pour les observer : Saint-Martin-de-Ré, et plus particulièrement les abords de ses fortifications Vauban, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.
- Saint-Martin-de-Ré : les remparts Vauban concentrent les rencontres
- Glacis et prés : espaces enherbés au pied des fortifications
- Troupeau local : 20 ânes communs et 10 Baudets du Poitou
- Observation : à pied ou à vélo, le long du chemin de ronde
- Asinerie : fermée jusqu’au 6 octobre, réouverture ensuite
Le troupeau qui pâture au pied des remparts appartient à un élevage familial installé depuis plus de 30 ans sur la commune. Il rassemble environ 20 ânes communs et une dizaine de Baudets du Poitou, la race emblématique de l’île. Ces animaux broutent paisiblement sur les glacis, ces talus herbeux aménagés autour des fortifications par Vauban pour dégager la vue sur les remparts.
Comment les observer sans les déranger
La promenade à pied ou à vélo reste la meilleure façon de les approcher. Le tour des remparts de Saint-Martin offre plusieurs points de vue sur les prés où les ânes passent la journée. Pensez à garder vos distances, à ne pas nourrir les animaux et à ne pas franchir les clôtures : ces ânes travaillent encore, notamment pour la production de lait d’ânesse destiné à la savonnerie locale.
L’asinerie et ses horaires de visite
Pour aller plus loin et rencontrer les ânes de près, l’asinerie voisine ouvre ses portes du mardi au samedi, de 15h00 à 17h00. Attention cependant : une fermeture exceptionnelle est en cours jusqu’au 6 octobre. Mieux vaut donc vérifier avant de vous déplacer, ou vous contenter dans l’intervalle de l’observation depuis les chemins autour des remparts.
Le savon au lait d’ânesse, spécialité rétaise

Si les ânes en culotte ne parcourent plus les rues, leur élevage garde une utilité bien vivante. Régis Léau, fils d’André Léau, a repris le flambeau familial et fournit son lait d’ânesse à la Savonnerie artisanale de Loix, un partenariat qui dure depuis plus de 10 ans.
À découvrir aussi
Le lait d’ânesse de Régis Léau part aussi en cosmétiques : la savonnerie artisanale de Loix ouvre son atelier de fabrication aux curieux, avec des savons au lait d’ânesse bio. Et pour loger non loin, des chambres d’hôtes à Ars-en-Ré proposent plusieurs adresses, dont certaines à partir de 130 € la nuit.
Après avoir observé les ânes sur les glacis, pourquoi ne pas explorer un autre site lié à Vauban ? Et pour séjourner sur l’île de Ré, la liste des gîtes et chambres d’hôtes vous sera utile.
Ce lait est recherché pour sa richesse en oligo-éléments, reconnus pour leurs bienfaits sur la peau. La référence à Cléopâtre et à ses célèbres bains au lait d’ânesse n’est jamais loin dans les arguments des savonniers, même si la science moderne reste plus mesurée sur le sujet.
Cette production artisanale prolonge à sa manière le patrimoine vivant de l’île, en transformant le travail de l’élevage en un produit cosmétique local. Une façon de maintenir le lien entre les Rétais et leurs ânes, bien après la fin des balades.
D’où vient cette tradition rhétaise de l’âne en culotte
L’usage agricole et l’élevage Léau
Sur l’île de Ré, l’âne a longtemps été un animal de travail indispensable. Les paysans l’utilisaient pour le ramassage du varech sur les plages et pour le transport du sel depuis les marais salants. Son endurance et sa robustesse en faisaient le compagnon idéal des tâches quotidiennes.
- Ramassage du varech et du sel : l’âne transportait ces charges lourdes depuis les côtes et les marais
- Transport et travaux des champs : il aidait aux labours et au portage dans les terres
- André Léau lance son élevage en 1985 : il relance la présence de l’âne sur l’île
- Plus de 30 ans d’élevage passionné : son troupeau perpétue la tradition rhétaise
Cet élevage familial, transmis ensuite à son fils Régis Léau, a maintenu un cheptel installé à Saint-Martin-de-Ré. Il compte une vingtaine d’ânes communs et une dizaine de Baudets du Poitou, la race emblématique de l’île.
La codification de la tradition et sa disparition
C’est à Ars-en-Ré qu’est née la tradition des culottes d’ânes, à partir de 1860. La légende raconte qu’une femme aurait taillé une chemise de son mari pour protéger son âne des moustiques et des frottements.
Au fil du temps, cette pratique agricole s’est transformée en véritable marqueur identitaire de l’île. Une école du Bois-Plage a même appris aux enfants à dessiner et tailler ces culottes, ancrant la coutume dans la culture locale.
Aujourd’hui, la tradition s’est largement effacée des espaces publics. Créée par l’élevage Léau, la marque déposée L’âne en culotte ® demeure le symbole de cet héritage, mais les animaux en tenue ne déambulent plus librement sur l’île.
L’âne de l’île de Ré : pourquoi une culotte ?
La culotte qui habille les ânes rétais n’a rien d’un caprice esthétique. Elle apparaît vers 1860 à Ars-en-Ré, taillée dans une chemise de paysan, pour répondre à des contraintes très concrètes. Les zones marécageuses de l’île grouillaient de moustiques, et le tissu protégeait les pattes des piqûres les plus douloureuses.
Ce vêtement servait aussi à éviter les frottements et les blessures causées par la végétation dense et les terrains accidentés que les bêtes traversaient chaque jour. Un équipement purement pratique, donc, devenu au fil du temps un véritable emblème local.
Une légende tenace évoque un âne qui tangue comme un bateau, mais elle ne repose sur aucun fondement historique. La réalité est plus terre à terre : protéger l’animal, tout simplement. Le Baudet du Poitou, avec son pelage épais, reste le seul à arborer cette fameuse culotte sur l’île.
Le Baudet du Poitou, la race emblématique de l’île de Ré
| Période ou repère | Effectif ou fait marquant | Contexte |
|---|---|---|
| Xe siècle | Apparition de la race | Souche ancestrale du Poitou |
| XVIIe au XIXe siècle | Période de prospérité | Exportation dans le monde entier |
| Années 1970 | 44 individus recensés | Race au bord de l’extinction |
| Aujourd’hui | 10 Baudets sur l’île | Troupeau de Saint-Martin-de-Ré |
Le Baudet du Poitou n’est pas un âne comme les autres. Cette race apparaît dès le Xe siècle en France et connaît une véritable prospérité du XVIIe au XIXe siècle, portée par l’exportation de ses reproducteurs dans le monde entier. Reconnaissable à sa grande taille et à son pelage épais et laineux, il servait autant au bât qu’à la production de mules réputées.
Une race sauvée de justesse
Le XXe siècle lui est presque fatal. Au cœur des années 1970, il ne reste que 44 individus recensés dans le monde entier. La race doit sa survie à un programme de sauvegarde et à la mobilisation d’éleveurs passionnés, parmi lesquels ceux de l’île de Ré jouent un rôle moteur. Sans cet engagement, le Baudet du Poitou aurait purement et simplement disparu.
Le troupeau rétais de Saint-Martin-de-Ré
Sur l’île, le troupeau de Saint-Martin-de-Ré illustre cette histoire de préservation. Il réunit environ 20 ânes communs et une dizaine de Baudets du Poitou, soignés depuis plus de 30 ans par le même élevage familial. C’est cette proximité entre l’homme et l’animal qui a permis de maintenir la race tout en perpétuant la tradition des ânes en culotte.
Balades à dos d’âne sur l’île de Ré : une pratique qui s’arrête
Pendant longtemps, le parc de la Barbette, près du port de Saint-Martin-de-Ré, a proposé aux visiteurs une balade à dos d’âne pour 3€. La promenade durait une dizaine de minutes, assez pour faire sourire les enfants comme les adultes, sans aucune prétention sportive.
Cette activité s’est arrêtée. Elle appartient désormais aux souvenirs de ceux qui ont croisé les ânes en culotte au détour d’une promenade sur les remparts. Le parc de la Barbette n’accueille plus ces tours de selle improvisés.
Cette interruption s’inscrit dans un mouvement plus large : les activités historiques liées aux ânes ont évolué ces dernières années sur l’île. Il reste aujourd’hui la contemplation paisible du troupeau depuis les glacis, à pied ou à vélo, ce qui constitue déjà une belle rencontre.
